Campagne : La violence faite aux femmes commence à l’école dès 14 ans.

L’association Paroles de femmes a mis en place depuis 4 ans des Modules d’égalité dans les Etablissements scolaires où un travail de prévention sur les violences faites aux femmes est effectué. Nous avons remarqué le nombre croissant des violences qui vont de l’insulte à l’agression sexuelle dès le plus jeune âge. Nous avons remarqué aussi dans quelle détresse se trouvaient beaucoup de jeunes filles (mutisme, violences, psychothérapie, fugue, scarification, tentatives de suicide…).

Nos interventions dans les centres de détention nous ont faitégalement prendre conscience que cette violence adolescente était le résultat d’un phénomène de bande, d’éducation et d’environnement de l’agresseur.

Voilà pourquoi nous voulions montrer à travers ce sondage l’urgence de la situation. Les chiffres des violences faites aux femmes sont en constante augmentation parce que cette violence sexiste est présente dès l’école primaire et de façon accrue dans les lycées.

Tant qu’un programme d’envergure de prévention ne sera pas mis en place dans tous les établissements scolaires, ces chiffres ne diminueront pas.

Même si le corps professoral transmet cette éducation à l’égalité pour 67% des jeunes-femmes interrogées, les professeurs n’ont pas le temps matériel de mener ce programme. Il doit être conduit par des associations contrôlées et par la présence d’un psychologue scolaire. Ne laissons pas l’école continuer d’être le théâtre des violences faites aux femmes !

Rapport du sondage

Ce nouveau sondage confirme ce que nous avions pu voir dans notre dernier sondage, 68% de femmes entre 18 et 25 ans ont été victimes d’au moins un type de violences sexistes, 26% ont été victimes de harcèlement, 14% d’actes violents et 9 % d’agression sexuelle. 89% des femmes confient avoir été témoins d’une de ces violences.

Les clichés sexistes ont la vie dure. 62% des jeunes-femmes interrogées trouvent que les clichés sexistes perdurent au sein de leurgénération.

- Le premier élément alarmant de ce sondage est l’âge des victimes de violences qui se situe en moyenne entre 14 ans et 15 ans. En effet, 45% des victimes d’insultes, de harcèlement, d’acte violent ou d’agression sexuelle ont subies ces violences entre 15 et 20 ans et 38% entre 10 et 15 ans. De plus, ces violences perdurent lors de leurs études supérieures (facultés, écoles supérieures, universités) avec un résultat de 20%. Les femmes seraient finalement dès leur enfancejusqu’à leur âge adulte confrontées à toutes sortes de violences.

- Le second résultat inquiétant de ce sondage est le fait que l’école ne serait plus un lieu protecteur mais au contraire le théâtre de ces violences.

Puisque pour 61% d’entre elles, ces violences se sont déroulées au sein des Etablissements scolaires.

Avec 92% d’entre elles qui déclarent qu’aucune mesure disciplinaire n’a été prise contre les auteurs de ces violences.

La raison de ces violences sexistes adolescentes serait double.

- D’une part le phénomène de bande serait la première cause avec 66%. – D’autre part l’influence de l’éducation et des valeurs transmises au sein des familles avec 62%.

L’influence d’Internet serait minime avec seulement 22%.

A noter également dans ce sondage que le comportement des jeunes-femmes face à la violence aurait évolué. 78% trouve que le comportement des femmes a changé face aux violences sexistes.

L’indifférence (46%), la parole (32%) semble être la meilleure façon d’y faire face concernant les violences sexistes verbales. Mais le sentiment de honte perdure chez les jeunes femmes victimes de harcèlement (40%), d’actes violents (43%) et d’agressions sexuelles(55%).

Seules 6% d’entre elles avouent avoir répondu à la violence par la violence contre l’agresseur soit contre elle-même (6%).

Les victimes expliquent avoir eu plus de facilité à se confier à un ou une amie (63%), à un membre de leur famille (44%) qu’à une personne de l’éducation nationale (8%).

Voilà pourquoi :

76% souhaiterait une prévention à l’école primaire et à 70% la présence d’une psychologue scolaire.

Le côté positif de ce sondage est que l’égalité hommes-femmes aurait évolué (57%) de façon positive. Même si on peut noter une dégradation du rapport hommes-femmes en région parisienne avec un résultat moins positif (47%).

En conclusion, nous avons démontré que la violence faite aux femmes commence dès le plus jeune âge, à l’école primaire, qu’elle s’accroît au collège et continue lors de leurs études supérieures. Cette violence accompagne ces jeunes-femmes tout au long de leurs vies qu’elles soient victimes ou simples témoins.

Voilà pourquoi nous souhaiterions proposer à Mme la Ministre Belkhacem ainsi qu’à M le Ministre Peillon, un programme deprévention d’envergure mis en place dans tous les établissements scolaires.

Avec

- Une prévention régulière et adaptée contre les violences faites aux femmes qui s’étendrait de la primaire jusqu’au cycle supérieurréalisée par les associations compétentes et contrôlée par une commission mise en place au sein du Ministère de l’éducation nationale.

- L’intervention trimestrielle d’une psychologue scolaire qui travaillerait en étroite collaboration avec les professeurs et lesassociations.

- La mise en place d’une grande campagne de sensibilisation lors de la journée internationale de violences faites aux femmes en lien étroit avec les professeurs afin d’organiser autour de cela une activité culturelle qui inciterait les adolescents à s’investir et se mobiliser.

- Enfin, nous espérons davantage de sanctions disciplinairesconcernant toutes les violences sexistes au sein des Etablissements scolaires.

Rédigé par Laura Cattan
Porte Parole de l'association PAROLES DE FEMMES