Le Monde

Le divorce religieux, qui est prononcé par les rabbins, apparaît en effet, aux yeux des signataires, comme le lieu d’une discrimination majeure pour de nombreuses femmes. Conformément à la halacha (la loi juive), lors d’un mariage religieux à la synagogue, l’épouse ne signe pas le contrat de mariage (la kétouba). Par la suite, si elle souhaite divorcer religieusement, elle doit obtenir au préalable de son époux un libellé de divorce (ou guet). Un nombre significatif de femmes divorcées (jusqu’à 30 % à Marseille et 10 % à Paris) ne l’obtiennent pas et restent mariées religieusement, même si, par ailleurs, le divorce civil a été prononcé. Si ces femmes non divorcées religieusement ont d’autres enfants, ceux-ci ne seront pas considérés comme juifs à part entière.

LES RABBINS ORTHODOXES INTERPELLÉS

 » Certains hommes sont tentés de se venger en refusant de donner le guet ou en essayant d’obtenir de leur ex-épouse, en échange, des avantages matériels que le divorce civil ne leur a pas accordés « , déplore la sociologue Sonia Sarah Lipsyc, qui a mené une enquête sur les droits des femmes dans les communautés juives de France pour le compte de la branche française de la Women International Zionist Organisation (WIZO, Organisation internationale de femmes sionistes). Le texte publié dans Tribune juive, sous l’impulsion d’Olivia Cattan, présidente de l’association Parole de femmes, interpelle directement les rabbins orthodoxes :  » A ceux qui nous répondent que les textes de la Torah sont immuables, nous leur objectons que la religion juive a déjà su, dans le passé, évoluer vers plus d’équité et abolir la polygamie ou la lapidation des femmes adultères. « 

Xavier Ternisien Le Monde / 7 novembre 2006