Mariage annulé : « L’Etat français a un devoir d’ingérence dans les religions »

Selon vous, l’Etat devrait intervenir ?

Oui, l’Etat français a un devoir d’ingérence dans les religions. Cela fait deux ans que nous avons soumis une proposition de loi au ministère de la Justice pour en finir avec le mariage forcé, les excisions, les répudiations… Il faut taper du poing sur la table sinon les affaires comme celle du mariage annulé vont se multiplier. Après les écoles, les hôpitaux ne savent plus comment gérer les revendications religieuses des uns et des autres. On ne peut plus laisser faire.

Ne trouvez-vous pas contradictoire de prôner à la fois la laïcité et l’ingérence de l’Etat dans les affaires religieuses ?

Non car il faut s’adapter à la société actuelle. Même dans la religion catholique, où l’intégrisme semble minoritaire en France, on assiste à une surenchère identitaire, peut-être liée à la concurrence des deux autres religions. Beaucoup de jeunes filles nous appellent pour nous poser des questions sur la virginité, la contraception… C’est pourquoi il faut s’asseoir à une table avec les représentants religieux et exiger d’eux le respect de la loi républicaine et de la laïcité. L’Etat a bien fait des concessions en acceptant par exemple que le chavouot (fête religieuse juive) soit chômé. Il faut des contreparties. En tant que juive pratiquante, j’aimerais que le principe du Talmud soit respecté : « La loi du Royaume est la loi. »

Propos recueillis par Catherine Fournier

Rédigé par Laura Cattan
Porte Parole de l'association PAROLES DE FEMMES