Paroles de femmes dans le JDD : « L’égalité des sexes expliquée aux ados »

Mercredi, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le Premier ministre François Fillon a désigné ce combat « Grande cause nationale 2010″. Et il y a urgence. En France, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son compagnon. Le projet de Paroles de femmes est né du constat qu’à l’école déjà, il y a les prémices de cette violence entre garçons et filles: les insultes fusent, parfois plus.

Olivia Cattan reçoit de plus en plus de demandes de collèges. Le module de prévention, qui s’étale sur un an à raison d’une heure par semaine, est conçu pour laisser une grande place à la parole de l’élève. Ainsi, les cours théoriques et les petits exercices pratiques alternent. Les jeunes s’expriment puis l’intervenante travaille avec eux sur les thèmes abordés. Des ateliers slam vont bientôt être mis en place. « S’exprimer fait évoluer les jeunes, il y a moins de violence et plus de dialogue« , témoigne la présidente de Paroles de femmes.

Elargir le dispositif au primaire

« Il est important d’agir à l’âge où la violence et les discriminations naissent, quand on peut encore changer les choses« , poursuit Olivia Cattan. C’est pourquoi Parole de femmes aimerait élargir le dispositif aux écoles primaires. Les rapports de force entre les sexes ne sont pas le seul sujet abordé. Au programme, on trouve aussi la laïcité, le racisme, la citoyenneté… Des sujets qui se rejoignent, selon les intervenantes.

Dans un pays où une femme sur dix est victime de violences, il peut sembler délicat d’en parler à des adolescents. Pourtant Olivia Cattan est claire: « Ils ont déjà eu des rapports à la violence. Ils racontent même parfois celles qu’ils ont subies ou commises. » Le but de l’intervention est de montrer à l’enfant une alternative, de l’aider à canaliser son agressivité. Les garçons prennent conscience de ce qu’ils peuvent infliger aux filles. Et elles comprennent qu’elles doivent réagir, parler. Dans les classes, beaucoup de préjugés circulent, des phrases choquantes peuvent surgir à tout moment. Olivia Cattan veut croire que son action a une influence. Mais elle reconnaît que les jeunes ne participent pas de la même manière et n’ont pas la même réceptivité. « On met une petite graine dans leur tête et on attend de voir si ça pousse. »

Noémie Toledano, Institut européen de journalisme – leJDD.fr