« Urgence Darfour » Paroles de Femmes s’engage

Je suis blanche, je suis noire, je suis jaune. Je suis du Darfour, je suis du Rwanda, de Chine et d’Arménie. Je suis juive, musulmane, catholique. Je suis israélienne et palestinienne. Je suis citoyenne du monde et je veux être tout à la fois parce que je suis de la couleur de toutes ces femmes qui souffrent. Comme l’écrivait Lamartine en son temps : « Je suis de la couleur de ceux qu’on persécute ».

Les contrées où l’on massacre les peuples, où l’on viole des femmes sont parfois lointaines et certains ont peut-être du mal à ressentir la douleur ou à se sentir concerné par le malheur des autres.

Je refuse que cette indifférence s’empare de mon cœur, je refuse que ce mépris de la souffrance de l’autre ne m’envahisse. Tant que je la ressens, je serais sur le qui vive afin de défendre mon prochain.

Mon association « Paroles de Femmes » est née d’une colère, d’une colère retenue pendant de nombreuses années.

Je suis en colère contre nos gouvernements, contre certaines femmes qui ne comprennent l’urgence de donner un nouveau sens au Féminisme et à la Solidarité.

En France, les femmes ont obtenu le droit le vote, le droit à la contraception pourtant encore aujourd’hui toutes n’ont pas obtenus le droit au respect, le droit de s’exprimer et continuent à subir des violences psychologiques ou physiques. Fortes de nos avancées féministes françaises, nous avons le devoir d’ouvrir nos cœur aux femmes du Darfour et d’agir en tant que communauté de pression sur nos politiques afin qu’ils n’aient plus le choix et qu’ils agissent enfin.

Est-ce une idée folle à l’heure des hautes technologies de la communication de penser que toutes ensembles, femmes de tous pays, nous pourrions fédérer nos ONG, nos associations de femmes, afin de créer une chaîne mondiale de solidarité envers ces femmes qui chaque jour subissent ces violences.

Etant de confession juive et ayant lu la Bible, riche d’enseignements et de valeurs universelles, je me rappelle de l’histoire de Dina, personnage biblique.

Dina, était la fille de Léa et de Jacob. Sortie pour aller « voir les filles du pays », Dina fut violée par Sichem, fils d’Hamor le Hivvite, prince du pays. Ce qui m’a toujours frappé dans ce passage biblique, c’est l’absence de Dina dans sa propre histoire, c’est le silence de Dina. Aucun passage ne relate ses cris, ses sentiments et son humiliation.

Cela se passait, à l’époque biblique, il y a plus de 5000 ans et pourtant aujourd’hui ce silence des femmes violées du Darfour semble en être l’échos. Les choses n’ont pas changé, les femmes sont toujours les premières victimes de la violence des hommes, des guerres, des massacres et du terrorisme.

Le silence des Femmes du Darfour est plus douloureux et terrible que leurs cris. Cette douleur étouffée m’empêche parfois de dormir. Alors je regarde les visages tendres de mes enfants qui dorment et je me mets à trembler pour eux. Si mes enfants étaient nés en 1940, en France, ils auraient été des juifs traqués. S’ils étaient nés au Darfour, aujourd’hui, en 2007, comment aurais-je pu les protéger contre cette violence aveugle ?

Ce texte se veut être bien plus qu’un témoignage de soutien aux femmes du Darfour. C’est un pacte de solidarité avec toutes ces femmes du monde qui souffrent et qui ont besoin de nous toutes. « Paroles de Femmes » s’engage, à être une lumière dans l’obscurité, le porte voix de toutes ces paroles de femmes qui se perdent dans l’indifférence générale, à briser ce silence dont nous serons complices si nous n’agissons pas !

Olivia Cattan

Rédigé par Laura Cattan
Porte Parole de l'association PAROLES DE FEMMES