Témoignage de Faroudja Amazit, 48 ans, auteure du « Murmure du silence »

fafaDepuis mes cinq ans, j’ai vécu avec un murmure, qui a pris un jour tout l’espace de la pièce où je me trouvais!
Troublée de ce ressenti, je n’osais lever les yeux vers le haut, pour me rassurer de ce léger bruit de fond.
Élevée à jeter mon regard vers le sol, j’essayais d’apercevoir les souliers d’ adultes qui pouvaient se trouver là, et me mêler à ce murmure !
Je pris conscience du silence qui régnait dans l’endroit où je me trouvais. A cet instant, une chaleur a envahi mon petit corps tout frêle et fragile, la petite fille que j‘étais, sans mots, sans regards, n’osant émettre des sons à cette émotion, a décidé de l’envelopper avec douceur pour qu’elle se fonde en moi.
Ce murmure m’habite à ce jour, il m’a donné le courage de lever les yeux vers la lumière, vers l’autre, de ne plus avoir comme compagnons de route les trottoirs et les caniveaux qui m‘ont accompagnée durant, toute mon enfance, blessée, l‘adolescente humiliée et la femme bafouée!

J’ai voulu aller à la rencontre de l’humanité en levant les yeux vers le monde, pour m’apercevoir dans le miroir de l’autre, pour découvrir mon image, celle de cette jeune femme apeurée de vivre.

Ma curiosité, m’a donné la force de quitter les caniveaux et les trottoirs du regard, depuis ce jour j’ai fait des rencontres qui allaient bouleverser ma vie notamment cette Maison prestigieuse aux quatre lettres d’or.
Dior m’a permis de dévoiler ma féminité à travers la beauté du luxe dans toute sa créativité depuis 22 ans.
Les éditions Le Manuscrit, m’ont permis de faire exister ma plume et de la rendre plus légère, pour la suite de mon parcours littéraire, de m’avoir donné la chance d’être un auteur.

Paroles de Femmes, m’a donné la parole, moi qui avait le droit, de me taire et de subir, élevée dans la culture et les traditions musulmanes, peur d’être une femme avec ses désirs et ses plaisirs, d’être simplement visible avec mes mots. Merci Olivia Cattan, l’association Paroles de Femmes, de me faire vivre cette aventure! Et de m’avoir nominée pour le trophée du mérite 2010 pour la journée de la Femme, moi qui pensais petite fille que je n’avais le droit à aucun mérite.

Faroudja Amazit, Auteure des » Larmes Invisibles » aux Edition le Manuscrit.

Rédigé par Laura Cattan
Porte Parole de l'association PAROLES DE FEMMES