Tribune d’Olivia Cattan dans Libération

Depuis cette campagne, nous avons frappé à toutes les portes politiques de ce pays, seule la Mairie de Paris nous a entrouvert l’espoir d’un terrain et d’une aide concrète.

Pendant que le gouvernement nous assène de débats sans fond sur une loi sur la burqa, qu’il nous endort avec des effets d’annonce en tout genre : bracelets électroniques pour maris violents, rencontres sur l’égalité salariale, Grenelle de l’insertion, Déclaration de la solidarité…

Les chiffres du chômage ne cessent de grimper, les expulsions avant la trêve hivernale s’accélèrent, les classes moyennes se fragilisent et la colère populaire gronde et commence à se faire entendre.

Monsieur le Président de la République, les pauvres se moquent bien de ces effets d’annonce et de ces gadgets publicitaires que l’un ou l’autre de vos secrétaires d’Etat proposent ; Les pauvres se moquent bien de ces petits sparadraps que vous posez pour colmater les brèches de leur misère et faire taire une mauvaise opinion publique.

La précarité en France est une plaie béante qui ne cesse de s’agrandir et qui touche aujourd’hui massivement les femmes, celles qui enfantent les futurs citoyens de notre pays et qui tentent de subvenir aux besoins de leurs progénitures. Quelle image auront-ils de leur pays en grandissant dans une patrie qui les abandonne ?

Comment un grand pays, tel que la France, peut-il laisser ses femmes et ses enfants dans une telle détresse, comment peut-il laisser aux seules associations, la gestion de la misère ?

Faut-il oublier que la France fut la patrie des droits de l’homme et remplacer désormais notre devise républicaine par Liberté, égalité, précarité ?

Rédigé par Laura Cattan
Porte Parole de l'association PAROLES DE FEMMES